De la Gaule ... à aujourd'hui
Vers l'an 6000 avant J-C, les premières vignes furent plantés en Gaule dans la région de Marseille, d'Adge et de Nice grâce à des marchands grecs implantés à Massilia (Marseille). Mais au départ, ces vignobles étaient plutôt destinés à la production de raisin de table que du vin.
Bien que préférant toujours la Cervoise au vin, les Gaulois intégrèrent rapidement ce dernier dans leur culture car ils avaient constaté que ce breuvage se conservait mieux et qu'il était doté d'un plus fort taux d'alcool.
Vers la fin du II siècle avant J-C, le vin se démocratise progressivement, il est alors consommé par les élites et les classes moyennes possédantes qui le font venir d'Italie.
Un peu plus d'un siècle avant J-C, les romains envahissent la Gaule et crée la Narbonnaise, un important vignoble qui " alimenta "toute la Gaule et Rome elle-même. Mais c'est les légionnaires romains qui introduirent la vigne dans toute la Gaule et initièrent les gaulois à la culture de la vigne. Ces derniers dépassèrent rapidement leurs maîtres car ils perfectionnèrent considérablement la conservation du vin en inventant le tonneau en 62 avant J-C et les vins gaulois envahirent l'Italie.
Le succès des vins gaulois était tel que la situation devient critique pour le commerce des vins romains. Effrayé par cette concurrence, l'Empereur Domitien ordonna en 92 de notre ère de détruire la moitié du vignoble gaulois. Ceci ne sera jamais vraiment appliqué.
En 392, le christianisme devient la religion unique de l'empire romain et renforça la culture de la vigne et du vin gaulois.
Après l'effondrement de l'Empire Romain en 476, la vigne de Gaule survécut et prospéra grâce à la qualité de ces vins et de l'Eglise.
Au moyen-âge (476-1453), une nouvelle géographie viticole se dessine sous l'impulsion de l'église qui au même moment fondent des abbayes, créent des paroisses et organise sa hiérarchie.
Ainsi les évêques entretiennent, autour de cette zone, un vignoble de qualité et les monastères s'installent dans les sites propre à la viticulture tout ceci afin de satisfaire les besoins du culte, la consommation des moines et à ceci s'ajoute l'hospitalité ouverte aux voyageurs et aux pèlerins.
Au XVIIème siècle apparaît l'utilisation de la bouteille en verre et le bouchon en liège est réhabilité.
Les propriétaires aristocrates de la fin du XVIIe siècle commencent à développer une grande partie des vignobles de Bordeaux. De leur côté les anglais mettent en valeur les vignobles du Jerez et de la vallée du Douro.
Les rendements de l'époque ne sont pas comparables aux rendements actuels. Une récolte d'une dizaine d'hectolitres par hectare était le fait d'une bonne année. Aujourd'hui, 45 à 50 hectolitres par hectare constituent une production normale. Les cépages sont nombreux et changent souvent de nom, parfois d'un village à l'autre. La consommation évolue et la production s'accroît.
Contrairement à ce que l'on serait tenté de croire, le vin n'est pas la boisson quotidienne des français. Si on boit beaucoup dans les villes et en particulier à paris, on consomme peu de vins dans les campagnes. On boit de l'eau parfois rougie ou du cidre. Chez les vignerons, le breuvage ordinaire est une piquette, obtenue en jetant de l'eau sur le marc fraîchement pressé.
Les choses évoluent toutefois après la mort de Louis XIV. Un vent de liberté et d'aspiration au bien-être pousse le peuple des villes à consommer du vin. Le prix des vins médiocres augmente de telle façon qu'il entraîne un accroissement de la production. Les propriétaires de vignes de qualité protestent. En 1731, un arrêt interdit de planter des vignes dans tout le royaume. Cependant rompant avec une tradition aristocratique, le gouvernement laisse s'établir à partir de 1759, une viticulture populaire que la révolution conforte. Ainsi une multitude de cabarets éclore et se développe une consommation importants de vins médiocres et frelatés.
Mais au lendemain de la révolution française, les vignobles qui avaient appartenu à la noblesses et au clergé furent morcelés et alloués à des petits propriétaires.
Au XIXéme siècle, des vignes furent plantées en Afrique du Sud, en Australie et en Amérique. En 1867, le phylloxéra manqua de décimer les vignobles européens. Grâce à la greffe de plants sur des porte-greffe importés d'Amérique et résistant à la maladie, les vignobles purent progressivement être reconstitués.
La seconde moitié du XXème siècle est caractérisée par de nombreux progrès techniques et l'essor de l'nologie moderne. Les moyens ainsi mis en place permettent à l'économie viticole de surmonter la crise née du durcissement de la concurrence, des fraudes et de la surproduction. Instauré dans les années trente, le système français d'appellation contrôlé (AOC) constitue une réponse satisfaisante et largement imitée.
Dans le même temps, l'étude du vin engendre de réels travaux scientifiques, la vulgarisation des connaissances et le progrès de la recherche permettent désormais de valoriser au mieux les qualités potentielles du raisin. L'nologie moderne apporte aux terroirs la possibilité d'exprimer leurs caractères spécifiques. Dans ce mouvement général, caractérisé par une augmentation constante de la qualité, la France demeure un modèle de référence.
Actuellement, la superficie du vignoble français est en 2ème position à l'égalité avec l'Italie et derrière l'Espagne. La France est le 1er producteur mondial de vin.