Au premier siècle, les premiers habitants du Valentinois, venant vraisemblablement de Rome, apportèrent avec eux leur religion déjà sclérosée par les traditions teintées d'Héllénisme. Il ne manquèrent pas pourtant d'élever des temples à Mercure, Apollon, Mars, Nénus, Minerve, etc
: la découverte de sculptures, inscriptions, statuettes, viennent matérialiser l'importance de leur pratique relig ieuse. La réforme de l'empereur Auguste institua une religion tournée sur le loyalisme à l'égard de Rome. Ce qui seraient les vestiges d'un grand temple voué au culte impérial ont été mis à jour au sud de la cathédrale.
Au IIème et IIIème siècles, ces cultes romains, dépourvus de toutes spiritualités, s'éffritent et laissent place à de nouvelles tendances religieuses inspirées de cultes orientaux venus d'Egypte (culte Métroaque). Mais les Gallo-Romains sont sur le point de découvrir le monothéisme dont le christiannisme restera bientot le seul bénéficiaire.
Sur les premiers chrétiens du Valentinois on ne possède aucun documents et il faut attendre le IVème siècle pour voir apparaître une tradition orale. Elle attribue la fondation de l'église de Valence à trois missionnaires, envoyés de Lyon par l'évêque Irénée, vers 190, le prêtre Félix et les diacres Fortunat et Achillée. Leurs ministères se terminera par leur martyre commun sous le règne de Caralla, vers 212.
La présence de l'évêque Emilien, au IVème siècle, confirme la présence d'un foyer chrétien actif, attesté également par la tenue d'un concile
Les premiers lieux de culte seront détruits par les Wisigoths en 413, et rétablis ensuite par l'évêque Apollinaire. On lui doit notamment la construction du baptistère Saint Jean Baptiste dont les vestiges ont été découverts en 1950 (mosaïque visible au musée).
Au Vème siècle, le christianisme se développe sur toute la Gaulle et désormais aucune région n'a pas entendu l'Evangile. De nombreux hauts dignitaires adhère à la nouvelle religion. Cette bourgeoisie riche et instruite ne tardera pas à fournir à l'Eglise l'elite de son épiscopat. Aujourd'hui leur nombreux tombeaux mis à jour manisfeste leur adhésion à la foi chrétienne.
Au milieu du Vème siècle le christianisme triomphant de Rome est à son apogée, mais l'unité politique attendue ne viendra pas, bien au contraire. Ce sont les invasions successives germano-rhétique et les raids des pillards qui vont mettre fin à ce semblant de tranquilité.
Le christianisme subira d'autres affronts comme l'hérésie Arienne inspiré par les Ostrogoths et les Wisigoths. Le baptème de Clovis sera un tournant décisif dans cette lutte.
Le VIème siècle correspond à une époque de bâtisseurs. Une multitude d'église et de monuments religieux sortent de terre surtout en milieu rural car Valence est encore remplie de temples païens. Parallèlement l'Eglise se met alors, dans une recherche d'unité, à combattre ou à christianiser toutes les vieilles traditions païennes.
En 1158, Valence est une ville d'étape de 6000 habitants, située sur les routes de pèlerinages elle accueille, à l'abri de ses doubles remparts, de nombreux pèlerins dans ces maisons hospitalières. Et c'est en août 1095 que le pape Urbain II consacrera le chur de la cathédrale romane
Les ordres religieux ont, eux aussi contribué à l'essor des pélerinages, notament l'ordre de St-Ruff.
Ce dernier, très puissant au Moyen-Age possédait dans Valence intra muros une petite dépendance nommée "St-James" (St-Jacques en occitan), dont le rôle consistait à heberger les pèlerins de passage.
En 1158, un ordre religieux prestigieux, les chanoines de Saint-Ruf, s'installe dans les "Isles de l'Epervière" au sud de Valence.
Le XVI siècle correspond au renouveau catholique se manifestant par l'installation de nouveaux ordres religieux masculins : capucins, Minimes, Récollets ; ou féminins : Cisterciennes de Vernaison, Bénédictines de Soyons, Visitandines et Ursulines.
Dans la première moitié du XVI siècle, Valence devient une cité de couvents. Au XVII siècle, elle accueille également l'un des premiers séminaires français
Ce "siècle des âmes" est dominé par la belle figure mystique de Marie Teysonnier dite Marie de Valence, dont le rayonnement spirtuel et la réputation s'étendirent jusqu'à la Cour de France.
Un siècle après la révolution la laïcité de l'enseignement qui avait été responsable de l'expulsion des institutions congrégassionistes est toujours responsable d'un vide scolaire qui oblige la municipalité à developper un vaste programme de remplacement. La mise en uvre est délicate et étalée sur plusieurs années
La Réforme marque un tournant dans l'histoire d u Valentinois en rompant ce bel équilibre. La parole de Calvin trouve en Dauphiné un terrain particulièrement favorable et Valence a été l'une des premières villes françaises à adopter les idées de la Réforme Calviniste. Ce qui vaut au Valentinois de subir de plein fouet les troubles dus aux guerres de religions. A multiples reprises la maîtrise de la cité fait l'objet de luttes sanglantes entre les armées
royales et les Protestants.
Le 27 avril 1562 le gouverneur militaire de Valence, La Motte Gondrin est assassiné et le 1er novembre 1567 la ville est mise à sac par les Protestants qui détruisent par le feu et la poudre tous les édifices religieux de la ville. La plus grande partie du patrimoine artistique est anéantie.
Fort de cette expérience et soucieux également de rendre la défense de la ville plus efficace, Henri III ordonne, en 1581, la construction d'une citadelle établie dans le quartier de Tourdéon dominant le bourg, au nord de la ville.
A la fin du XVIe siècle, Valence offre au voyageur le triste visage d'une ville défigurée par les guerres et destructions, dépeuplée.
Le XVIIe siècle voit s'épanouir à Valence une multitudes d'ordres religieux en lien avec la contre-Réforme, sans oublier le séminaire fondé en 1639.
Aujourd'hui la Présence Protestante est heureusement plus sereine, et forte d'une histoire riche de presque 5 siècles. Les rixes religieuses se sont appaisées de part et d'autres, et l'heure est à l'eucuménisme et aux chantiers communs. Les Protestants sont désormais fort bien représentés
et très appréciés.
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